Le marché
« Je suis la fille d’Hamou et d’Aïcha. Le village de mes parents est situé entre Er Rachidia et Ouarzazate. Il est très proche des montagnes de l’Atlas. L’hiver, on aperçoit au loin leurs sommets enneigés.
Je ne sais pas exactement mon âge car les naissances ne sont pas enregistrées. J’ai environ dix ans quand commence cette histoire..."
" La personne la plus importante pour moi est mon père. Cet homme représente plus qu'un père pour moi.
Quand il va au marché de Tenerir une fois par semaine ; la veille, il me dit :
« Est-ce que tu veux venir avec moi ? »
Je préfère aller au marché avec lui que de rester à aider aux tâches de la maison. Je suis un vrai garçon manqué.
Le jour du marché, il se réveille très tôt. Fait sa prière et ensuite le thé. Ma mère ramène alors la soupe, les dattes, le pain et l’huile d’olive. Nous ne manquons de rien.
Le marché où il s’en va vendre ses olives est situé à 30-40 kms de notre village. Il part soit avec un âne, soit avec une mule, échanger ses fruits contre d’autres marchandises : du sucre, du thé, du savon, ou de la laine pour ma mère...
Quand il s’en va seul au marché, je reste à le regarder au loin jusqu’à ce que sa silhouette diminue et s’estompe à l’horizon, jusqu’à disparaître complétement. Et le soir venu, je vais l’attendre exactement à l’endroit d’où je l’ai perdu de vue le matin car je sais qu’il arrivera de ce même côté. Je le guette et je vais à sa rencontre."
" C’est toujours un moment de fête quand nos pères arrivent du marché. Nous savons qu’ils arrivent au coucher du soleil. Nous, les enfants, les attendons de chaque côté de la route et étalons soigneusement des nappes blanches sur le bas-côté. Chaque homme qui passe dépose des présents pour les enfants sur ces tissus et pas forcément devant ses enfants à lui. Mais tous les enfants, après leur passage, auront leurs nappes garnies. Pommes, oranges, cacahuètes…" »
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

